Nous partons à 9H30 pour cette étape qui durera deux jours. Un départ qui se fait dans le stress : la mécanique commence à fatiguer, le passage 2ème – 3ème craque de plus en plus et nous n’avons plus de roue de secours pour passer un des passages le plus difficile surnommé par le staff du 4L Trophy « l’enfer du cailloux ». La première partie de l’étape se déroule sans problème, le rythme général se ralentit et on sent que tout le monde ménage sa 4L. Comme les autres étapes c’est l’orientation qui permet de départager les équipages. Toutefois nous nous suivons tous et on découvre des files de 4L en plein désert. Il semblerait que le tout premier se soit à un moment trompé de piste, il a ainsi emmené avec lui une bonne cinquantaine de 4L dans un oued. Nous nous assistons à un spectacle surréaliste : toutes les 4L sont ensablées, impossible d’échapper au bac à sable. C’est également une belle démonstration de l’esprit du 4L trophy : tous dans la même galère, il est plus facile de dessabler une 4L à plusieurs que seul, tous les équipages s’entraident et se désensablent mutuellement. Malgré tout cette épreuve aura marqué les voitures : le sable de l’oued était chargé de galet et cailloux, de nombreuses 4L ont perdu leur échappement ou silencieux, des cardans et rotules ont cédés. Pour notre part le bilan et lourd mais pas catastrophique : le pot d’échappement ne tien plus qu’à un point de fixation et est tordu contre le châssis (ce qui produisait une vibration très audible dont nus avons longtemps cherché l’origine), la bague de passage de vitesse a pris du jeu, le passage 2ème-3ème craque encore plus qu’avant, notre plaque de protection avant ne tient plus que grâce à 2 vis (les autres ont été littéralement arrachées, impossible à réparer) et l’embrayage montre de sérieux signes de faiblesses. Bref, la pression augmente encore, puisque toutes ces mésaventures arrivent avant le passage le plus difficile.

La conduite devient de plus en plus difficile : lorsqu’il y a du sable sur la piste les voitures qui nous précédent soulèvent la poussière : la visibilité devient encore moins bonne qu’en temps de brouillard. En plus du peu d’adhérence habituel sur ce genre de piste, notre plaque avant qui était en train de s détacher créer un effet ‘surf’ : nous glissions sur le sable mais il était alors très difficile de contrôler la voiture. Au vue de tous ces handicaps notre vitesse moyenne était alors de 30km/h, nous arrivons péniblement au point kilométrique qu’il était conseillé de rejoindre avant la tombée du jour et nous bivouaquons une dizaine de kilomètre plus loin. A cet instant notre plaque avant traine par terre et ne tiens plus qu’à une vis, le bruit qu’elle provoque contre les cailloux créer des regards ahuris vers notre direction. Au vu du terrain très caillouteux nous décidons de dormir dans la voiture, Rodrigue sur les sièges avant et Marion derrière sur la cantine entre les roues de secours et les plaques de désensablage.
Nous repartons le lendemain dès que le jour se lève vers 7H00. Nous continuons de trainer notre plaque dont nous ne voulons pas nous séparer avant ‘l’enfer des cailloux’. Mais bien sur elle nous quitte d’elle même 3km avant l’épreuve tant redoutée. Nous réduisons encore notre vitesse et une file de 4L se forme derrière nous. Toutefois personne nous double : nous sommes tous dans le même cas les mécaniques sont plus que fatiguées et personne ne veut casser si près du but. Après un tout dernier ensablement à moins d’une kilomètre de la fin de l’épreuve nous rejoinons enfin le goudron pour filer vers Marrakech et la douche. Nous franchissons le col de Tichka (2260m) sous la pluie et nous apercevons quelques traces de neige pour nous rejoignions Marrakech vers 16H. Nous pouvons ENFIN prendre une douche après 8 jours d’utilisation acharnées de savon sans eau !
